|
Aurélie
Filippetti
"les
derniers jours de la classe ouvrière"
Avec fierté et respect, Aurélie Filippetti,
fille de mineur, évoque son enfance... Les Derniers
Jours de la classe ouvrière ont un goût de poussière. Dans la
noirceur d'un crachat, "Longwy Lorraine Coeur d'acier", les
mineurs s'éteignent en silence, cortège d'ombres cassées. Leur
pays, "dédale enfoui de leur mémoire", c'était
l'usine, la terre de la mine, les gnocchis du dimanche et la
fraternité de l'exil. Fille de Rital, fille de rouge, Aurélie
Filippetti raconte une humanité disparue, écrasée
par les patrons et les restructurations industrielles. Elle
ressuscite ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n'y croyaient
pas, jusqu'à la fin vouloir un monde meilleur, le Parti, le
syndicat, l'idéal communiste, "là-bas'' revenait envahir leur
histoire". Elle dit aussi les doutes, les désillusions, "mille
vies bafouées, réduites à néant". Aurélie Filippetti s'est échappée
d'un monde en ruine. Rescapée d'une culture morte, elle écrit
contre l'oubli et contre le mépris. Celui des autres, le sien
aussi - "Une seule terreur, tenace, un jour peut-être elle jugerait
ses parents". Sous la plume de Paul Nizan, Antoine Bloyé, fils
embourgeoisé d'un homme pauvre, constatait ainsi qu'il était
devenu un traître. Aurélie Filippetti, normalienne, fille d'un
mineur mort d'avoir trop donné, n'a pas abdiqué.
( Elise Carlin, L'express 23/10/2003 )
|

Aurélie
Filippetti.
Les derniers
jours de la classe ouvrière est son premier roman
.
|